La parricide, de Sophie Mayer

Décomposition de soi, du monde, de l’enfance et de sa foi avant que le texte dans un mouvement inverse dise ce qui tente de se reconstruire : hommage à la figure atypique et résolument libre de son père, voilà à l’évidence ce qui fait la singularité d’un texte où l’autrice, qui est aussi dramaturge, n’hésite pas à laisser libre cours à son admiration. À l’image de l’homme passionné des livres et du monde, comme en miroir, le poème alors multiplie les visages.

Enseignante autrice d’une thèse sur les Formes du mouvement dans la poésie d’Emilie Dickinson, Sophie Mayer est une jeune poétesse également passionnée par le théâtre et l’art oratoire ou performatif.

Extrait:
Je pourrais pourrir là.
Fille au chevet de son Père pourrissant.
(Troublant tableau flamand).
Fille pourrissante au chevet de son Père.
Tout est dans l’ombre sans la lumière.
À voix tamisée :
Je t’aime.
Mais on ne m’entend pas.
Mais personne n’entend.

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