Stimuli, de Nicolas Tardy

A partir de la novélisation partielle d’un chef-d’œuvre du cinéma français que vous pourriez reconnaitre, Stimuli déconstruit en filigrane les stéréotypes des situations de désir. Il se concentre sur les passages où le personnage principal masculin virilisé à l’extrême est au contact avec des femmes tout aussi stéréotypées. Sa déambulation à travers un monde dont il peine à saisir les codes est à la fois objet d’étude et fil conducteur d’un effeuillage syntaxique des clichés du désir physique mis en scène.

On est cette fois dans l’évitement et l’ellipse, les scènes ne sont pas décrites.

Quatrième ouvrage de la collection La Mer dangereuse, dédiée au désir et aux passions amoureuses – en référence à la carte du Pays de Tendre qui représente les différentes étapes de la vie amoureuse et où la Mer dangereuse figure les passions.

Extrait :

L’homme prend sa valise. Pose sur le lit. La
femme blonde est assise. Vous voyez son
reflet dans un miroir. Photographe — à mateur
— propose. L’homme ouvre sa valise, parle.
Elle se coiffe, se lève, passe entre lui et son
reflet. Il se tourne, elle est assise. Il la prend en
photo. Elle se coiffe. Il la prend en photo, ne
sourit pas. Il la prend en photo, elle caresse ses
jambes. Il les prend en photo, il la prend en
photo. Une partie contient à elle seule l’esprit
général de tout le corps. Il se retourne, lui
superpose une image, traduit un état subjectif
extériorisé. Main se glisse, reprend un
symbole phallique, tire deux fois sur l’image. Il
jette le symbole sur le lit il reprend l’image,
passe devant un miroir. Elle le suit, lui place
les bras sur les épaules. Il jette l’image sur le lit.
Il desserre ses bras, est contre elle en contact
direct — expérience de l’introduction de
stimuli.

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