Ménure superbe, d’Axelle Glé

Le ménure superbe, ou oiseau-lyre, est un oiseau australien qui possède la faculté surprenante d’imiter tous sons perçus. Il incarne ici l’enchantement déclenché et soutenu par la variété du vivant : becs, plumes, foules des espèces et solitudes intimes.

Le poème sonore, pseudo-récit, parcours initiatique, est influencé par les lectures réitérées du Cantique des oiseaux de Ud’din Attar, monument du soufisme. Ce poème tout en mosaïque et paraboles a marqué et bercé l’imaginaire de poète d’Axelle Glé avec ses dimensions conceptuelles, narratives et sensuelles.

Dans Ménure Superbe les voix intérieures et animales s’entremêlent, la vie est joie et mort, la langue est légèreté et empreinte.

Formée par la musique, la littérature et le soin, Axelle Glé tisse des textes où le sonore et la musique sont primordiaux. Elle crée et dis des textes et spectacles poétiques en solo, avec la complicité de comédiens, de musiciens ou d’artistes visuels. Voués généralement à être dits lors d’évènements, ses textes se retrouvent parfois dans des objets papier : livres d’artiste, revues.

Elle participe activement à la vie de l’association PoSo qui œuvre pour la littérature vivante en Touraine et anime des ateliers d’écriture tous publics en parallèle de l’écriture poétique.

Elle poursuit ses recherches sur le son et la littérature à travers une thèse de doctorat.

Extrait :

DEPART

Imaginer le nombre de battements cardiaques entre deux battements battements d’ailes, ou en vol plané.

L’un des oiseaux est sur le point de départ. Sans s’attendre ils partent. Ils décollent tous presque en même temps.

Les oiseaux parfois se rassemblent, ou volent seuls.
Parfois un oiseau en supplante un autre.
Ils parfois s’envolent loin dans d’autres peut-être forêts ou océans ou temps anciens.
Ou panthéons.
Ils parfois ne reviennent pas.
Ils souvent planent pour d’autres horizons.
Ils parfois reviennent mais ce ne sont pas les mêmes.

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