Saudade de Benjamin Porquier

Peut-être le pendant féminin de Heimat, le premier livre que Benjamin Porquier a publié à La Crypte en 2019 ; mais plutôt la quête que tous, hommes et femmes, nous avons à faire d’une identité plus essentielle. En elle, oui, quel écart ? Et ce déchirement, par où l’autre s’engouffre ; où le silence et le cri dansent ensemble à la même cadence : d’où venu et pourquoi? Sans cesse détournée par l’imagination du poète, loin de se complaire à la répétition, la rigueur architecturale de Saudade – qui reprend celle de Heimat – est ici au contraire une invitation à découvrir ce qui, écharde ou chanson, en nous dès la première béance s’évente et nous construit.Accompagnés par les images de son père, les poèmes du fils s’éclairent d’une amitié qui n’est pas seulement celle du poète occupé à son message. En s’osant plus intime, c’est plus grand qu’il éprouve.

Extrait:

bien sûr il y a les murs repeints
les lampadaires qui ricanent

il y a les      sérénades de banc public
oubliées par CEUX qui les avaient gravées

mais il y a les vergers du ciel aussi

parfois une nouvelle lueur
parfois le tonnerre
parfois une       comète
ce très, très vieux poème

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