saison été 16, de Emmanuel Rabu

saison été seize est un récit sous forme de journal constitué des notes prises sur l’Iphone pendant l’été 2016. Et précisément d’une sélection de ces notes évoquant la répétition, la rémanence, les reflets, la symétrie — c’est-à-dire les formes d’insistance sémantique du réel. C’est la sensation physique d’un écho (un bourdon vocal) qui en a décidé du principe.
L’intégrité des notations originales (les formes naturelles du poème) a été conservée, comme des traces : liste de courses, dialogues entendus, nota bene, toponymies, événements d’agenda, récits de rêve, recherches Google, etc.
C’est un récit sur ce qui reste encore quand quelque chose a disparu, quand quelque chose s’est éloigné.

Extrait :

La télévision allumée, l’énumération du quotidien structurent les journées. Je sens, dans ce partage du temps et du lieu avec mon père, qu’une dépossession rythmique s’engage ; c’est ce que fabriquent les familles, les villes, les relations. C’est une forme de parasitisme.
Le veuvage est cet effort de reconstituer quelque chose que la prothèse enlevée déséquilibre.

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